jeudi 6 avril 2017

Toujours en ce 5 avril 1917

Au sujet du décès de Pierre Lesage, certains détails diffèrent selon les récits des témoins.

Dans un article de presse (année et journal indéterminés) de L. Gomez :

"La voiture qui enlevait les colis de ce dernier (ndlr : du couple Lesage) se trouvait être la dernière du convoi et M. et Mme Lesage étaient montés tous deux, quand soudainement, tellement étreint par l'émotion, M. Lesage s'aperçut qu'il avait laissé son pardessus dans le couloir, et qu'une certaine somme d'argent se trouvait dans la poche intérieure. D'un bond, il fut à terre, et Mme Lesage l'attendit.
Ce fut pendant ce temps, le plus tragique de l'affaire. Ne voyant pas revenir son mari, elle s'impatienta et descendit voir ce qu'il faisait. Jugez de sa stupeur : le malheureux était étendu à terre, et sans vie. Près de lui, un soldat allemand, qui expliqua ou voulut expliquer, sans rien expliquer. Toujours est-il qu'on ne trouva pas l'argent."


Alfred ROGER, l'agriculteur du Buisson, décrit à Élie Fleury, journaliste et écrivain saint-quentinois, d'autres scènes de l'évacuation des villages voisins. Si les Essignyacois, ont été évacués par convoi routier, dans les jours précédents, les Lesdinois, eux, sont partis (ou devaient partir) par train depuis la gare d'Essigny :

"Les cent cinquante six évacués de Lesdins attendaient le train depuis des heures et des heures quand on leur dit : Il y a erreur, vous pouvez retourner chez vous. Les malheureux avaient cédé ou donné toutes leurs provisions et, rentrant, ils trouvèrent, par surcroît, leurs maisons pillées. Ils réclamèrent au moins leurs bagages.
- Vos bagages ? Ils sont partis par un autre train. C'est une erreur."

Sources : 
Société académique de Saint-Quentin : correspondances entre Alfred Roger et Élie Fleury
Mme Gronnier, Mme Colombier, descendantes d'Alfred Roger :  Récit : " Sous la Botte " d'Élie Fleury

Vous pourrez trouver le récit d'Élie Fleury (plus de 300 pages paru en 1925), sur le site de la bibliothèque nationale de France "Gallica" : il y décrit la vie des Saint-Quentinois sous l'occupation allemande d'août 1914 à février 1917, date de l'évacuation des Saint-Quentinois.

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